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Audit financier : la réalité sur les finances de la ville

Associé du cabinet Public Impact Management, en charge de l’audit financier de la Ville, Arnaud Jarry nous livre ses constats et prospections quant à la situation financière de Châtillon. 

L’enjeu de l’audit financier était bien évidemment de décrypter l’historique et la situation financière léguée. Mais lobjectif se voulait surtout prospectif : quels risques, opportunités et spécificités, quelle stratégie, la nouvelle équipe municipale devra-t-elle intégrer pour mettre en œuvre son projet de mandat ? 

Premier constat, l’audit a mis en évidence l’enjeu structurel de modernisation des fonctions de contrôlede pilotage et d’aide à la décision qui ne sont pas au standard d’une ville comme Châtillon, en particulier en matière de gestion stratégique et prospective des finances, des ressources humaines, des risques et des relations satellites. La nouvelle direction est déjà à l’œuvre pour réorganiser et restructurer organes, outils et processus en ce sens. 

Sur le plan des équilibres financiers, Châtillon bénéficie encore aujourd’hui de ressources plus importantes que la moyenne des villes comparables (effet positif du dynamisme économique et foncier de 1ère couronne ces 20 dernières années)Mais cette situation est à double tranchant : lVille a parallèlement généré un niveau trop important de charges (masse salariale en particulier).  

Absence de prévision et rigidité des chargesChâtillon n’a pas su/pu réagir aux évolutions qui ont contraint l’autofinancement des collectivités ces dix dernières années : baisse des dotations, contribution au redressement des finances publiques et à la solidarité nationale, création du Grand Paris et transfert de la dynamique fiscale économique, etc. Face à la perte de recettes, le dérapage des dépenses sur 2012-2014 a été compensé par la fiscalité (+9% en 2015) et des mesures de rigueur tardives (locations, déplacements, missions et réceptions, etc.).  

Dans ce contexte, les marges de manœuvre sont d’autant plus fragiles que l’excédent dégagé sur la gestion courante est historiquement et totalement absorbé par le poids de la dette 

Une dette qu’il a fallu en effet débarrasser en 2015 de 17,3 M€ d’emprunts dits « toxiques »Coût brut de cette opération dite de « désensibilisation » : 39,8 M€  

  • 22,1 M€ de pénalités (une partie seulement), 
  • + 10,5 M€ d’intérêts au titre de la dette nouvelle finançant cette pénalité, 
  • + 7,2 M€ d’intérêts supplémentaires au titre d’un emprunt de 15M€ (contracté pour payer le solde de la pénalité via lmarge importante sur le taux pratiqué). 


Si la 
Ville a bénéficié du fonds de soutien de l’Etat (17,6 M€ramenant le coût net à 22,1 M€), c’est surtout le coût supporté annuellement qui porte préjudiceabsorbant ce qu’il restait d’autofinancement. Autrement dit : dès le 1er euro d’investissement, la Ville ne peut plus compter que sur des subventions, des cessions ou de la dette supplémentaire (si tant est qu’elle le puisse encore).   

Dernier point sur ce chapitre complexe : l’emprunt complémentaire de 15M€ en 2015 s’est encore additionné à 5 M€ de dette pour financer les investissements de l’année générant un excédent de liquidité majeurbien au-delà des besoins. Le seul moyen de puiser dans cette trésorerie inutile et coûteuse serait de générer du déficit … une complexité évidente en termes politiques 

Enfin, contrainte dans son fonctionnement et par sa dette, la Ville a trop peu investi ces dernières années (5M€/an en moyenne depuis 2010) : un risque patrimonial et financier significatif (gros entretien et investissements plus coûteux à terme) 

En prospectivela Ville fait ainsi face à une trajectoire très dégradée qui impose une recherche pressante et ambitieuse de marges de manœuvre (de l’ordre de 4M€ en fonctionnement d’ici 3 ans selon les projections). 

L’équation est donc particulièrement complexe pour la nouvelle équipe mais l’objectif est tenable, en association avec tous les services de la ville et par la priorisation des investissements urgents et vertueux, dans le respect des engagements du mandat.

Retrouvez l’intégralité de la présentation de l’audit en vidéo