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Les finances de la Ville : quels constats, quels projets ?

Entretien avec Françoise MONTSENY Adjointe à la Maire en charge des finances, de la commande publique et du bien-être animal  

La nouvelle municipalité en place depuis juillet a, dès son arrivée, déclenché un audit de début de mandat auprès d’un cabinet indépendantL’objectif était double :  connaître la situation financière réelle héritée de l’ancienne équipe municipale après 37 ans de mandat continu (1983-2020), et évaluer les moyens disponibles, sur la durée du mandat en cours, pour développer les engagements pris lors de la période électorale.

Pourquoi avoir lancé un audit financier  

Il est très courant de le faire en début de mandat. Le but est de donner une vision objective, sans polémique de la situation de la commune laissée par l’exécutif précédent. L’audit doit permettre non seulement une meilleure compréhension de la situation financière mais constitue également un instrument prospectif pour orienter et programmeles politiques du nouvel exécutif.  

Quels constats en avez-vous tirés ?  

Nous suivions de près la situation et savions que la commune présentait depuis longtemps une situation financière très problématique.  L’audit a confirmé que les marges de manœuvre vont être très contraintes. LVille a mené « grand train » très longtemps, confortée par des recettes fiscales très élevées. Considérée comme « riche »il y eu un transfert de recettesdepuis 2010, vers l’Etat (fonds de péréquation*)En 2016, Châtillon a  rejoindre Vallée Sud-Grand Paris, perdant ainsi ses recettes fiscales « entreprises »** puis la TEOM***, mais a peu transféré de missions au Territoire : donc une forte baisse des recettes et une moindre baisse des charges. Ces charges sont beaucoup trop élevées. Il y a donc peu d’autofinancement et le service de la dette (frais financiers + remboursement du capital = 12 % des dépenses réelles totales en 2020) consomme une grande partie de l’autofinancement. La commune a toujours été plus endettée (voir graphique 1 page 15) que les villes comparables en raison d’un « laisser faire-laisser aller » : pas de pilotage, pas de procédurepas de suivi et pas de contrôle, avec, en 2016, une hausse brutale de l’endettement pour sortir des emprunts toxiques. L’importance du remboursement annuel de la dette a « plombé » la capacité d’investissement de la Ville, investissements largement insuffisants en termes d’équipements publics et, faute de réhabilitation, un patrimoine existant très dégradé. (voir graphique 2 page 15) 

Comment le budget de 2021 a-t-il été réparti ?  

Quatre axes prioritaires :  la solidarité, avec un renforcement des missions du CCAS et du CMS pour cibler et orienter les politiques sociales vers les plus en difficultés ; la sécurité, avec un renforcement de la Police Municipale pour améliorer la tranquillité dans l’espace public mais aussi la mise en place de véritables actions contre les violences faites aux femmesintrafamiliales et pour la prévention des jeunes ; la transition écologique avec une volonté de végétalisation de la ville et de proposer des solutions alternatives pour les déplacements. Enfin, les services à la population avec la préservation des services essentiels, le renforcement des actions envers les Séniors et le développement de la participation citoyenne.

Quels sont les grands projets à venir ?  

Parmi les projets à venir notamment :  une annexe de la Police Municipale au niveau du métro, la rénovation du cinéma, le regroupement en cours du CMS et CCAS au sein d’une Maison des Solidarités, la création prochaine d’une Maison des Seniors et un projet de végétalisation de l’esplanade de l’Espace Maison-Blanche. 

* mécanisme de redistribution entre les communes « riches » et les communes défavorisées 

** Impôts et taxes payées par les entreprises 

*** Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères