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Patrimoine

La ferronnerie d’art : une histoire de famille châtillonnaise

Imposante et brillante, la rampe qui trône à l’accueil de la Mairie est une œuvre d’art à part entière du patrimoine châtillonnais. Et pour cause : elle fut réalisée en 1969 par le ferronnier d’art Louis Kergustant et son gendre Christian Poilvé, deux châtillonnais dont la fille et la femme, Nicole Poilvé, nous conte l’histoire.

Né en 1907 en Bretagne, Louis Kergustant rejoint Paris à ses 13 ans pour s’initier à la ferronnerie dans les ateliers de l’illustre Maître ferronnier Paul Kiss. En 1913, l’homme politique Lucien Koltz souhaite redorer le blason des métiers manuels et émet l’idée d’un jury pour récompenser les Meilleurs Ouvriers de France. La première exposition nationale est organisée en 1924 à l’Hôtel de Ville de Paris, et Louis Kergustant, du haut de ses 17 ans, fut nommé premier Meilleur Ouvrier de France en ferronnerie d’art. Il part ensuite faire son service militaire dans la marine où il aura le malheur de perdre trois phalanges de sa main gauche. À son retour en France, après quelques années dans l’industrie, Louis Kergustant reprend la ferronnerie où il excelle malgré son handicap. Il se marie puis naît sa première fille, Nicole Kergustant en 1943, année marquant également l’ouverture de son propre atelier, Villa Denise à Châtillon. Multi-diplômé en ferronnerie et en serrurerie, Louis Kergustant forma de nombreux apprentis et œuvra pour la restauration de grilles de châteaux comme celui de Sceaux ou au service du roi de Siam (ex Thaïlande). Souffrant d’un cancer, il laissa ensuite la main à son gendre Christian Poilvé en 1972 qui maintint le navire jusqu’à tomber malade également. Son épouse Nicole l’accompagna sur ses derniers chantiers pour l’aider et s’initia donc au vocabulaire et aux techniques de cet art qui fait toujours la beauté de notre patrimoine.

 

Diplôme de Meilleur Ouvrier de France reçu par Louis Kergustant en 1924

Nicole Poilvé raconte l'histoire de sa famille