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Hommage

9 novembre : hommage au Général de Gaulle

Il y a 50 ans disparaissait le général de Gaulle. En lui rendant hommage, nous rendons aussi hommage à ses compagnons de route.

 

Discours de Nadège Azzaz, Maire de Châtillon

 

Madame et Messieurs les membres du Conseil municipal,

Madame et Messieurs les Présidents d’association,

Il y a 50 ans, Colombey-les-Deux-Eglises devient, l’espace de 3 jours, le centre de la France. Charles de Gaulle s’est éteint le 9 novembre à « la Boisserie ».

Le 12, le lendemain de la célébration de l’Armistice, il est porté en terre en présence d’une foule immense, en l’absence de tout officiel. A Paris, au sein de la cathédrale Notre-Dame, les chefs d’Etat et de Gouvernement lui rendent un ultime hommage.

Le Général de Gaulle a quitté le Palais de l’Elysée il y a 18 mois.

Le 27 avril 1969, les Français ont repoussé par référendum sa réforme du Sénat et son projet de régionalisation. Dès le lendemain matin, le Chef de l’Etat fait porter au 2 de la rue Montpensier le communiqué suivant : « Je cesse d’exercer mes fonctions de Président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi ».

Le Conseil constitutionnel prend acte de sa décision et en informe le Président du Sénat. Le Général de Gaulle vient de quitter le pouvoir aussi spontanément qu’il l’avait retrouvé.

Parmi les multiples facettes de l’homme, je souhaite ce soir rendre un hommage appuyé à la conception de l’action politique qui était celle de Charles de Gaulle. Il demeure, et demeurera sans doute encore longtemps, une profonde source d’inspiration pour nombre de Français.

En politique, son héritage est toujours très disputé. Dès que notre pays est en proie aux difficultés, sa personne et son parcours sont aussitôt invoqués.

Héritage d’un pays qui a connu les monarques parmi les plus puissants du monde, on en appelle à l’homme providentiel.

Mais le Général de Gaulle n’est pas uniquement un homme providentiel, celui du 18 juin, celui 13 mai, c’est pour moi avant toute chose un homme qui faisait de la politique pour en faire quelque chose.

C’était un homme dont la force de conviction l’a conduit maintes fois à préférer s’écarter du pouvoir. C’était un homme qui ne se serait jamais renié.

Ce n’était pas un homme à mener carrière. C’était un homme de destin.

C’était un homme qui ne fuyait jamais les responsabilités qu’il estimait être les siennes. C’était un homme qui n’aurait jamais fait endosser le poids de ses fautes par autrui.

Ses échecs, le Général de Gaulle les assumait avec panache. Et avec quel verbe !

La politique ce sont des actes mais aussi des mots. Charles de Gaulle en a offert de lumineux au débat politique de son époque.

De son héritage, nous retiendrons cette approche si droite et rigoureuse de la politique.

Pas uniquement au sens de la probité. Au sens de l’utilité et de l’ambition collectives. De l’effacement personnel devant l’intérêt général.

La force de l’engagement politique du Général de Gaulle s’est forgée, comme celles de nombreuses personnalités de l’après-guerre, à l’épreuve de la guerre. Cette épreuve ultime qui bouleverse à jamais le regard de celles et ceux qu’elle éprouve.

Le Général de Gaulle aura, dès la demande d’armistice des autorités françaises, fait preuve d’une incroyable audace.

La France se préparait à la guerre depuis maintenant plusieurs années. Elle était auréolée de sa résistance acharnée face à l’impérialisme allemand et sa puissance industrielle.

Elle est LE vainqueur de la Grande Guerre.

Cette France héroïque, si durement meurtrie mais qui semble invincible, va être défaite en seulement 40 jours.

C’est l’une des plus retentissantes déroutes militaires de l’Histoire. Le traumatisme national est vertigineux. Mais le Général de Gaulle, du haut de ses presque deux mètres, continue de regarder vers l’avenir.

Pour lui, la France est éternelle. Elle ne peut se résigner à tomber sous le joug nazi. Quelle audace que la sienne à l’époque !

Un autre « géant » du XXème siècle en est lui-même subjugué.

Sir Churchill dit à son propos : « Son pays a abandonné la lutte, lui-même n’est qu’un réfugié et si nous lui retirons notre appui, c’est un homme fini. Et bien, regardez-le ! Non, mais regardez-le ! On croirait Staline avec 200 divisions derrière lui ».

Cette audace fut communicative.

En rendant hommage au Général de Gaulle, nous rendrons toujours hommage à ses compagnons de route.

Avec le décès il y a 3 jours de Pierre Simonet, seuls deux Compagnons de la Libération, Daniel Cordier et Hubert Germain, subsistent, tous deux centenaires.

Le dernier d’entre eux viendra reposer dans notre département, au fort du Mont Valérien, dans l’enceinte duquel tant d’hommes ont souffert et péri.

Il faut que vive leur souvenir.

Je veux remercier Madame Bouzon qui assume si rigoureusement cette charge et qui a eu à cœur, tout comme Messieurs Roussel, Fontaine et Keraudren, de s’associer à cette cérémonie en dépit des conditions sanitaires.

Si vous êtes ici, c’est parce que vous savez peut-être plus qu’aucun d’entre nous combien ces évènements que nous évoquons ensemble, chaque dernier dimanche d’avril, chaque 8 mai, chaque 18 juin, chaque 16 juillet, chaque 25 août ou encore chaque 11 novembre, sont désormais éternels.

Vous savez mieux que nous tous combien leur puissance et leur portée doivent sans cesse nous instruire.

Je veux, Madame et Messieurs les Présidents et responsables d’association, au nom du Conseil municipal, vous témoigner la gratitude qui est la nôtre, au moment où les derniers témoins nous quittent, d’entretenir ce souvenir.

Je vous remercie.