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150ème anniversaire de la Commune de Paris

L’offensive « fédérée » se heurte à la résistance « versaillaise » à Châtillon le 3 avril 1871

Le 19 juillet 1870, le Second Empire engage la France dans une guerre contre la Prusse qui est rapidement vouée à l’échec. Le 2 septembre, l’Empereur est défait et capturé à Sedan. Dès la nouvelle connue le 3 septembre, des émeutes éclatent à Paris. La République y est proclamée le 4 septembre. Un gouvernement de défense nationale se met en place mais ne parvient pas à stopper l’avancée prussienne. Châtillon est alors le théâtre de violents combats dans la seconde quinzaine du mois de septembre puis de nouveau le 13 octobre 1870. Paris et ses environs proches subissent un siège particulièrement éprouvant durant les mois qui suivent.

Le 28 janvier 1871, un armistice est signé. Le 8 février, des élections législatives sont organisées à la hâte pour permettre la ratification de l’armistice. Elles envoient à l’Assemblée Nationale une majorité de monarchistes, issus de la province et des campagnes et favorables à l’arrêt des hostilités. Les élus républicains de Paris soutiennent, pour leur part, la poursuite des combats. Les tensions sont alors particulièrement vives et l’Assemblée, installée à Bordeaux depuis l’invasion prussienne, rejoint finalement Versailles le 10 mars 1871, plutôt que Paris.

Le 17 mars 1871, Adolphe Thiers, Chef du pouvoir exécutif et ancien Ministre de Louis-Philippe renversé par la révolution de 1848, demande à la troupe de s’emparer des canons entreposés à Montmartre, la Villette et Belleville. Les Parisiens et la garde nationale font rempart le 18 mars et parviennent à fraterniser avec les soldats envoyés par le gouvernement. Un soulèvement débute et s’attaque avec virulence au symbole du pouvoir versaillais. Victor Hugo, député républicain, parla « d’étincelle jetée sur la poudrière ». Adolphe Thiers, suivi par l’essentiel de l’administration d’Etat, rejoint à son tour Versailles.

Des élections sont organisées sur le territoire insurgé le 26 mars. Le 28 mars, le nouveau Conseil élu vote et proclame la Commune de Paris en référence au renversement de la monarchie le 10 aout 1792 par la Commune insurrectionnelle de Paris et les sections révolutionnaires de Paris. Un grand nombre de mesures sociales, libérales et d’émancipation des femmes est alors déployé.

Dès le 21 mars, les Versaillais passent à l’offensive. Ils occupent à Suresnes le Fort du Mont Valérien. Le 2 avril, ils sont aux portes de Neuilly. Une contre-offensive des Fédérés s’organise. Châtillon, tout comme Rueil ou Meudon, est le théâtre de violents combats le 3 avril. Les troupes de la Commune sont défaites même si les forts de Montrouge, de Vanves et d’Issy demeurent aux Fédérés. Ces derniers bombardent alors les positions versaillaises présentes sur notre commune. Le bourg de Châtillon est de nouveau durement éprouvé.

Les troupes versaillaises, bien supérieures en nombre, reprendront progressivement toutes les positions insurgées et entreront dans Paris le 21 mai. A l’issue de la « semaine sanglante », le 28 mai 1871, la dernière barricade de Belleville, rue de la Fontaine-au-Roi, tombe. Les exécutions sommaires et les déportations massives succèderont aux massacres de la « semaine sanglante ». L’amnistie pleine et entière des Communards sera finalement votée le 11 juillet 1880.

Un monument, situé à l’angle de la rue Marceau et de l’avenue de la Division Leclerc, nous rappelle les combats qui ont opposé Français et Prussiens sur le territoire communal en 1870, là même où Fédérés et Versaillais s’affronteront ensuite pour la prise de la redoute de Châtillon. Ce haut lieu de la mémoire de notre commune fera prochainement l’objet d’une valorisation.